l'esprit en cage

Publié le par case

texte

voici une petite nouvelle que j'ai écrit il y a quelques années c'est trés inspiré de l'univers cyberpunk et plus particulièrement d'un de mes livres fétiches 'neuromancien' de william gibson. je vous laisse découvrir dans sa forme brute ce texte...

un grand merci a vanille qui a eu l'infinie patience de corriger mes fautes!!!

L'esprit en cage



//...et l'ange ouvrit ses ailes et s'élança dans l'immensité noire de l'infosphère, reflets rougeâtres des données  (?) sur le chrome de ses ailes,grisante sensation d'invincibilité, de liberté...il n'etait plus cet esprit prisonnier de ce corps attaché au harnais de sécurité dans le cockpit de ce vaisseau spatial, mais un esprit libéré, incarné dans un être de lumière qui parcourait le réseau, libéré des contraintes des lois de la physique, il volait, traversait un mur de données lumineux rien ne semblait pouvoir le freiner, l'arrêter...//


//...l'ange tombait vers le sol, quadrillage virtuel couleur néon qui donnait une limite à la matrice les ailes brisées, le flux tentait de les reformer, de la lumière s'echappait à certains endroits de son corps virtuel, il ne pouvait plus rien y faire, soudain il n'était plus libre, esprit prisonnier de ce corps en chute libre bientôt la fin, l'effacement des neurones, plus jamais il ne verrait le jour, les étoiles ni les soleils étincelants de l'espace.
il serait un anonyme de plus, esprit effacé, un trait plat comme tous les autres, sa personnalité reconstruite reassemblée,codée comme ils le désireraient, ils l'ont eu, ils contrôlent tout, ils contrôlent...//


BIP...BIP...
BIP...BIP...
BIP...BIP...
déja l'heure de se lever...il était temps, toujours ce rêve, jamais il ne me lâchera...
il enfile un pantalon, un t-shirt kaki, insère son créditube dans le distributeur et commande un café
la machine lui sert sa boisson, erzats de café sans saveur , avec du sucre synthétique.il en jette la moitié et sort de son cerceuil.
l'habitacle se verrouille derrière lui et entame la procédure de pyrolise, tout en avançant il finit d'enfiler son blouson de cuir noir aux épaules cloutées et sort de la gare routière

il pleut et le ciel est gris, comme tous les jours.
Envie de hurler, l'agonie de son esprit encore gravée dans sa mémoire.jamais plus il ne serait un hacker réputé, son ascension fut rapide et sa chute encore plus...il ne verrait jamais plus la matrice et ses anges qui la parcourent, ni les hautes tours virtuelles des corporations...
comme tous les jours il pousse la porte de métal autrefois ornée de peintures tribales du Totem, et entre dans le bar sous les yeux de Kragg le videur génétiquement modifié de l'entrée.
-salut Kragg, toujours pas décidé à contacter ce chirurgien esthétique ?
-hahaha toujours cet humour décapant Jonas, méfie-toi qu'un jour je ne prenne cela trop au serieux l'artiste...
-ouais, c'est noté
ambiance chaude et odeurs mélangées des parfums bon marché des filles de gage ,et de la sueur des gros bras cherchant la bonne affaire, le coup fumant qui leur donnerait de quoi vivre quelque jours.
-Hike, un triple starr s'il te plait
-okay Jonas, ça fera 10 crédits
-voilà . les morceaux de métal doré glissent sur le comptoir directement dans la main de Hike, une prothèse cybernétique de facture japonaise inspirée de mangas des années 90.
- un triple starr c'est comme une torpille qui descendrait dans l'estomac pour exploser dans le cerveau...effet garanti
- oui je sais, merci du renseignement Hike
c'est alors qu'il est entré, costume impeccable et cravate aux couleurs d'ara-technologia.
l'homme balaye la salle du regard et s'arrête avec un sourire sur Jonas
-er Jonas ?
-qui le demande ?
-Smith...John Smith.
-je vous en prie monsieur Smith, asseyez-vous, vous prendrez bien un verre.
-je ne suis pas vraiment ici pour boire dit-il en s'asseyant
-ok, que voulez-vous à Jonas cher monsieur...Smith?
-je suis ici pour affaires, un gros paquet de crédits pour vous ainsi que la joie de retrouver le réseau.si vous acceptez d'accomplir pour nous une petite choses négligeable
-comment feriez-vous?
-nous avons une sauvegarde de votre schéma cérébral.
//...l'ange toucha le sol et des éclairs d'énergie s'activèrent autour de lui, ses cris déchiraient le silence de la toile et devenaient de moins en moins humains,la machine reprenait ses droits et s'insinuait dans le cerveau de l'homme assis dans le harnais, les synapses directement branchées sur l'infosphère.le néant, la mort...non, la vie dans une prison de chair et de sang...//
-M. Jonas ??? Monsieur Jonas??
-euh ... pardon, je refuse.c'est sans appel. adieu M. Smith.
-mais je ne comprends pas...
-tout cela est de votre faute, c'est en travaillant pour vous que tout cela m'est arrivé, pour votre damnée corporation, votre sacro-saint 'esprit d'unité'...
...non c'est terminé, vous m'avez brisé les ailes, je ne vous fais plus confiance.
l'homme sortit du bar en titubant, il allait vers sa mort et Jonas le savait, un sourire sur les lèvres il repensa aux mots du cadavre qui se dirigeait vers la sortie.une sauvegarde...
Jonas se leva paya le verre du corporate et attendit que la limousine s'éloigne pour sortir.
la pluie redoublait d'intensité et les véhicules se reflétaient déformés sur le bitume détrempé
5552132145 il tape les chiffres sur le clavier humide du téléphone et attend la troisième sonnerie avant de raccrocher
puis il retourne au bar et attend.
le juke box joue un air de technorock le groupe à  la mode du moment, mélange de hurlements de guitares électriques et de mélodies de synthétiseurs , les basses résonnent et font trembler les murs du totem tandis que quelques danseurs envahisent la piste de danse du club.
Jonas est assis dans un coin de la salle et attend.
l'ombre s'asseoit près de lui , personne n'avait remarqué sa présence, peut-être n'était-ce en fait qu'une ombre issue de l'imagination de l'esprit à moitié deconnecté de Jonas, quoi qu'il en soit, comme à son habitude, l'ombre semblait lui sourire.
- alors tu sais maintenant que quelque part ils ont une sauvegarde...
- oui et j'ai besoin d'aide pour la récupérer
- crois-tu vraiment que tu le pourrais?
- il me faut essayer, je veux retrouver mon esprit, mes souvenirs, mon enfance et mes connaissances sur le réseau
- très bien, tu fais comme tu le sens...c'est de ta vie dont il s'agit...après tout je ne suis qu'une ombre...
- ehe Jonas tu me scies, encore en train de parler tout seul...l'homme qui avait prononcé ces paroles n'était autre que Field un ancien de la guerre des cités libres.
- sympatique de ta part d'être venu me voir...
- eheh tu appelles et j'arrive c'est aussi simple que cela.bien sûr je ne suis toujours pas gratuit.
- pas de problème, tu vois ce créditube ?
- si je le vois ...ehehe bien sûr...
- alors son contenu est à toi si tu m'aides
- n'essaye pas de m'embrouiller, je sais bien que tu n'as jamais un crédit d'avance.
- je viens de terminer une affaire juteuse, j'avais quelques mégapulses de données à revendre et j'ai tiré le gros lot
  ce créditube est plein, ou presque.
tout en disant cela il faisait miroiter la fine aiguille du créditube sous l'éclairage laser qui éclairait le centre de la table
- ok, mais il faudrait que je puisse vérifier avant...
- c'est ok .
- tu as un lecteur ?
- tiens, regarde tout ton saoul mais tu n'es payé qu'à la fin du job
- ok ça marche que faut-il faire ?
- et bien il s'agit de récuperer des données comme d'habitude mais là où ça se corse c'est qu'il s'agit de plusieurs gigapulses de données et qu'elles sont enfermées dans une chambre forte et protégées par une IA...
- tu es cinglé tu ne crois pas réussir un coup comme ça
- eheh Jonas tu vois c'est bien ce que je te disais
- taisez-vous tous les deux , j'ai un plan presque infaillible, contactez le reste de l'équipe et rendez-vous demain à la même heure au collecteur principal n°3 quartier ouest
- putain Jonas, je suis seul avec toi!!! arrête ça, y en a marre...
- oh pardon, je voulais dire toi, et ton ..arme...
- ouais à demain...complètement cinglé celui-là...

La pluie avait cessé, et la brume recouvrait la cité dont le moindre recoin prenait alors des allures de cimetière dans les films d'épouvante des années 50, Jonas s'attendait presque à voir sortir un zombie en putréfaction d'une des bouches d'égout, ce qui le fit sourire alors qu'il descendait l'échelle du collecteur 3...n'était-il pas lui aussi un zombie?
Jonas expliqua son plan aux autres membres de la petite équipe, il y avait Field bien sûr mais aussi Sam et Jeremiah, l'ombre était tapie dans un coin et elle fit un signe de la main à Jonas.
deux heures plus tards ils étaient de retour avec l'équipement...
ils portaient leurs combinaisons de camouflage urbain et étaient presque invisibles tant qu'ils ne bougeaient pas, Field et Jeremiah  feraient équipe tandis que Sam resterait là pour s'occuper des ouvertures de portes via le réseau
Jonas lui s'occuperait du code du coffre...le bruit de leurs pas résonnait dans le conduit souterrain du collecteur n°3 et grâce aux indications de Sam via un relais satellite et plusieurs relais HF il n'était pas trop difficile de trouver le chemin.
-voilà c'est ici...sortez la foreuse à plasma
Field s'occupait du maniement de l'engin, les militaires avaient développé ce bébé pendant la guerre des cités libres ils s'en servaient pour découper les immeubles en tranche et ouvrir des brèches dans les murs épais de dix mètres des bunkers du gouvernement dictatorial des cités libres mais la chaleur dégagée était si intense qu'il fallait un refroidissement à l'hydrogène liquide, très instable en fait comme mélange mais Field s'en tirait très bien.et la distance de forage avançait très vite, le tunnel prenait forme et la roche liquéfiée s'écoulait dans les égouts en hurlant alors que l'eau s'évaporait emplissant l'endroit d'une chaleur moite.
-c'est ok, la profondeur y est, il n'y a plus qu'à attendre que ça refroidisse et on pourra y aller.
-pas le temps leurs systemes de securité risquent de détecter l'attaque et tout nous faire rater, je passe le premier.pour ce qui est du refroidissement...je m'en occupe, une thermogrenade au Fréon suffira...ça gèle automatiquement tout sur un rayon de quinze mètres...et c'est sans danger si on n'est pas pris dans l'explosion.
la 'grenade' s'écrase et le sol se couvre en une fraction de seconde d'une mince pellicule de gel , Jonas entre dans le tunnel et se dirige lentement vers l'extrêmité.il fore un minuscule trou dans le plafond du tunnel entre deux mailles de blindage et connecte son nerf optique à la micro-caméra qui espionne l'intérieur du coffre.impeccable, pile sous la caméra. le nano-robot s'engouffre dans le trou et se glisse le long du mur vers la caméra y pénètre et gèle l'image numérique en court-circuitant le système de transmission de l'image
l'ombre est à côté de lui.un sourire aux lèvres .
-ils savent ce que tu es en train de faire, ils ont commencé la procédure d'effacement des constructs  il te faut accélérer
-très bien...
il envoie le deuxième nanorobot  il se connecte au construct au centre du coffre, sous l'oeil aveugle de la caméra et le flux de données transite par la fibre monomoléculaire qu'il traîne derrière lui
Jonas connecte la prise d'interface derrière son oreille et il voit ...treillis néon du sol et le ciel d'un noir de jais comme dans ses souvenirs mais il voit l'horreur,  des murs de données l'entourent, tels une forteresse infranchissable et là au centre il voit des anges de beaux anges de chrome prisonniers dans des cages de données, leurs ailes inutiles battant dans leur dos comme celles d'un papillon prisonnier des doigts d'un enfant.


//...ils contrôlent tout...tout...tes souvenirs n'existent plus...ta mémoire est vierge maintenant... tu es à nous...à nous...//


il se cherche, il voit les barreaux autour de son esprit, ces barreaux qui l'ont empêché de voler, de rejoindre le ciel de la grille, il s'approche, passe sa main chromée à travers les barreaux, effleure l'ange et sent son esprit s'éveiller apres un long sommeil...ses ailes de chrome se déploient il est à nouveau libre, libre d'être ce qu'il veut, un ange ou autre chose...deconnecté...un message clignote sur l'afficheur rétinien...construct  terminanted ..la réalité, des bruits de combat...on l'appelle il sort son arme, un revolver calibre 38 et repart en arrière il n'entend pas la grenade qui explose à ses pieds...il n'entend plus rien mais il est libre.
l'ombre est là et se penche au-dessus de lui
- alors Professeur, comment se comportent nos specimens ?
-  très bien le dernier que nous avons reconstruit est celui d'un certain Jonas, décédé il y a trois mois lors d'une mission en orbite
-  et vous avez réussi à reconstituer son schéma mental ?
-  tout à fait, la simulation est en cours. on entre dans la dernière étape
-  très bien tenez-moi au courant.et corrigez ce problème ils ont conscience de ma présence
-  pas de problème M. Smith.

>fin de la simulation
>intelligence artificielle 0321
>Jonas
>fin de fonctionnement
>esprit reconstitué n° 0321
>Jonas
>fin de fonctionement
>
>
>
>
>je suis libre.

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Pastelle 04/06/2010 21:55



J'ai lu ton histoire. 


Pas commenté. 


Partie me jeter dans une poubelle. 


Et puis sortie de ma poubelle en me disant qu'il y avait sans doute mieux à vivre. 


Mébon. 


Sors de là toi aussi et vas faire des photos de vraie vie ! ;)


Mais en même temps je comprends et j'ai adoré ce genre d'histoire. Sans doute une question d'âge.  :)



case 04/06/2010 23:02



l'age n'a rien a voir la dedans, j'ai ecrit ca il y apeut être 15 ans, je continue de lire ce genre de trucs je n'aime pas lire le réel, déja qu'on doit le vivre ;)


et je fais des photos, sisi hier soir photo sportives en sortant du taf, et la je les traites j'en ai 500 environ a voir a recadrer a redresser a tenter de recuperer car trop sombres...